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E. Pettigrew-Leydier, l'orthopédagogue des petits Français

Updated: Feb 13, 2021


Eugénie Pettigrew-Leydier est orthopédagogue et aide les enfants en troubles d'apprentissage notamment au sein du Lycée français de Manille. Elle a créé l’entreprise AIDEOR pour emmener les élèves français à l’étranger vers une réussite scolaire, grâce à du soutien en ligne.

Eugénie Pettigrew-Leydier est l'une des finalistes du Prix du Public des Trophées des Français de l’étranger 2021, parrainé par la Banque Transatlantique.

Extrait de l'interview par Damien Bouhours, LePetitJournal.com publié le 04/Février 2021


Comment êtes-vous arrivée aux Philippines ?


Je suis arrivée seule aux Philippines, en janvier 2015, après avoir travaillé dans un Lycée Français en Amérique du Sud. Je voulais découvrir l’Asie, le dernier continent à m’être inconnu, tout en continuant de pratiquer ma profession. J’ai donc envoyé ma candidature à plusieurs lycées français dont les postes étaient vacants. Lors des entrevues avec le Proviseur, Jean-Marc Aubry, et la Directrice, Cécile Dione, du Lycée Français de Manille, un sentiment de bienêtre me transperçait. En effet, ils ont su me partager les bons côtés du pays et leur enthousiasme envers mon parcours. La confiance s’est établie et de beaux projets sont nés, dont la création du Pôle pour les Élèves avec des Besoins Éducatifs Particuliers.


Comment avez-vous été amenée à vous intéresser aux troubles d'apprentissage ?


Dans ma famille proche, la dyslexie est présente et j’ai toujours aimé aider autrui. J’ai aussi toujours été fascinée par ce que les troubles d’apprentissage permettent de développer chez les gens ; un pouvoir particulier et une vision de la vie sous un autre ange. Je considère que les troubles d’apprentissage sont intrigants et j’ai rédigé plusieurs travaux de recherche au CEGEP sur cette thématique, avant de me diriger à l’université pour en apprendre davantage.

J’ai toujours trouvé un côté ‘’plus intéressant’’ chez les élèves qui ont un trouble d’apprentissage, étant donné que plusieurs défis sont à relever et que la diversité est infinie. Le moment où l’on voit un éclair de compréhension, dans les yeux d’un élève qui ne comprenait vraiment pas une notion, est magique et n’a pas de prix.

Dès l’âge de 10 ans, je répondais que je serais orthopédagogue, lorsqu’on me demandait le métier que je voudrais faire quand je serais grande !


Est-ce que les troubles d'apprentissage sont toujours un sujet tabou pour les élèves et leur famille ?


Les troubles d’apprentissage peuvent être un sujet tabou dans certaines familles, effectivement, mais peuvent aussi être acceptés dans d’autres foyers. Je dirais que c’est très variable, d’une famille à une autre, dépendamment de plusieurs facteurs (expériences antérieures, personnalité, ressources disponibles, etc.) C’est d’ailleurs important, en orthopédagogie, de communiquer régulièrement avec la famille et l’élève pour s’assurer que l’accompagnement vers le développement de stratégies, pour pallier les troubles d’apprentissage, soit renforcé à la maison. De ce fait, une relation de confiance s’installe, des réponses sont données à des questions, des solutions sont trouvées et une vision évolutive positive sur les troubles d’apprentissage s’installe, diminuant ainsi les tabous.

Dans quel but avez-vous créé AIDEOR ?


J’ai créé AIDEOR pour permettre aux élèves français, qui sont à l’étranger, de bénéficier d’un accompagnement scolaire qui est : adapté à leurs besoins, régulier, fiable, durable et à l’international. Comme il est dit dans son nom, la mission est d’aider les élèves, les parents et les enseignants, en offrant des services en or. De ce fait, peu importe le pays d’expatriation et la langue locale, l’intervenant resterait un repère qui suivrait l’élève, par le biais des outils technologiques.

Je voulais faire ‘’voyager’’ l’orthopédagogie pour expendre ses bienfaits dans le système scolaire français. Je cherchais à éviter le sentiment d’isolement, en me liant professionnellement avec d’autres orthopédagogues, qui souhaitaient pratiquer à horaire flexible, en jonglant selon les fuseaux horaires. La téléorthopédagogie est donc née. Maintenant, avec la pandémie COVID, AIDEOR offre des services variés qui permettent aux élèves avec des troubles ou non, d’avoir un accompagnement les menant à vers épanouissement scolaire.

Est-ce que le soutien via les outils digitaux est aussi efficace qu'en présentiel ?


Tout à fait ! Il faut distinguer ‘’l’école’’ en ligne du ‘’soutien’’ en ligne. En effet, les jeunes aiment aller à l’école pour sociabiliser. Lors des rencontres de rééducation, l’intervention est faite en individuel. Qu’elle soit en présentiel, ou au travers de l’écran, la confiance se tisse, des jeux sont utilisés, les élèves manipulent et une progression est observée. Souvent, avec des élèves qui ont des troubles d’apprentissage, les outils technologiques sont d’ailleurs recommandés. Plusieurs avantages sont observés : rejoindre les intérêts de la nouvelle génération, un confort du lieu, une économie de temps de transport, un développement de la précision du langage oral, une plus grande disponibilité de communication avec les parents, et bien d’autres.


L’orthopédagogie est très peu connue dans la culture française et gagne à se faire connaitre. Lorsque les enfants, les parents et les enseignants découvrent, ils en sont très satisfaits. Je vois ici une opportunité de faire reconnaître la volonté et le potentiel d’AIDEOR dans le réseau francophone à l’étranger afin de répondre aux familles qui cherchent une ressource pour leur enfant.

 

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