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Attendre le contre-ordre


Aux Philippines, plus que partout ailleurs, cet adage, classé dans les Lois de Murphy, fait parti des règles à appliquer au quotidien.


Largement diffusé sur les sites d'informations et les réseaux sociaux, le 15 janvier 2021 nous apprenions que le Bureau des transports terrestres (LTO) associé au Ministère des Transports (DOTr) dévoilaient les modalités d'un nouveau contrôle technique des véhicules.


Avec force photos et vidéos à l'appui accompagnées d'acronymes tous plus obscures les uns que les autres, l'Administration nous révélait la procédure qui réglerait désormais l'annuel contrôle technique des voitures de plus de 3 ans.

  • Pré-inspection par le personnel du PMVIC en scannant votre RIFD ou le code QR ou par saisie manuelle de la plaque d'immatriculation afin de contrôler si votre véhicule est bien dans la liste LTMS

  • Planifier un rendez-vous en vous présentant au guichet avec votre OR / CR et le numéro d'identification VIN de votre véhicule

  • Payez, par tout les moyens que vous souhaitez, mais, surtout, payez !

  • Inspection & Tests suivant le processus MVIS

  • Transmission des résultats des tests, via un VASP, à la base de données LTO et d'un rapport MVIS.

  • Si vous avez le Pass vous pouvez faire enregistrer votre véhicule au bureau du LTO le plus proche. Sinon, vous faites réparer et vous recommencez la procédure sans oublier la case paiement.


Impressionnant ! Et les photos et vidéos présentant une automatisation dernier cris dans des locaux dont la propreté n'a rien à envier aux salles d'opérations des plus élégants hôpitaux et cliniques, sont encore plus impressionnantes.



Sauf que …...


Sauf que le 17 février 2021, le Sénat demande la révocation de l'ordonnance du DOTr MVIS.


La sénatrice Grace Poe, qui préside la Commission sénatoriale des services publics, a confirmé que les membres de la Commission ont demandé l'abrogation de l'ordonnance n° 2018-19 du Ministère des Transports, ainsi que de "toutes les communications connexes" déléguant le système d'inspection des véhicules à moteur aux opérateurs privés. Dans le rapport 18, la Commission, qui a conclu que la politique du Ministère des Transports n'était pas conforme, notamment par l'absence du processus législatif normal inhérent au pouvoir du Congrès". Le rapport de la Commission Poe a ajouté : "Bien que les frais aient été réduits pour l'instant et que les tests semblent avoir été rendus facultatifs, la mise en œuvre de ce programme défectueux doit être arrêtée définitivement en attendant la résolution des problèmes qui le freinent". Le rapport de la commission a détaillé diverses préoccupations qui ont exacerbé la situation des automobilistes, énumérant "les questions relatives à la légalité de la privatisation du MVIS, le manque de consultation et de transparence dans l'accréditation, le nombre insuffisant de centres d'inspection en fonctionnement, des problèmes dans le système, dont l'incompatibilité générale des systèmes d'inspection des véhicules automobiles privés avec les TI du Land Transportation Office (LTO) et le paysage des véhicules automobiles dans le pays, tous ces problèmes restent non résolus sans une action décisive du Ministère". Dans le même temps, elle a recommandé que le Blue Ribbon Committee du Sénat mène une enquête plus approfondie sur les "transactions hautement anormales" entourant l'accréditation des centres d'inspection des véhicules privés (PMVIC) et des fonctionnaires concernés. En outre, les enquêteurs du Sénat ont constaté que "ce programme douteux » semblent avoir créé un environnement favorable à un oligopole où seuls quelques acteurs peuvent y accéder et réussir l’accréditation.".


Le rapport de la Commission a également souligné que "la politique consistant à s'assurer que seuls des véhicules en bon état de marche circulent sur nos routes est louable, cependant, une politique à moitié ratée est une mauvaise politique et cette commission ne la défendra pas". Les législateurs ont, de plus, souligné qu'avec seulement 24 PMVIC actuellement opérationnels sur les 458 initialement prévus par LTO, "le statut non obligatoire peu clair du MVIS ne fait qu'accroître la confusion pour les automobilistes".


La Sénatrice Grace Poe avait auparavant demandé au DOTr et au LTO de soumettre les noms des sociétés et des fondateurs des PMVIC accréditées.

Le rapport de la Commission a noté que 12 d'entre elles sur 24 n'ont pas une capitalisation suffisante pour financer un centre d'inspection coûteux de plus de 50 millions de pesos, et que huit autres enregistrées comme entreprises individuelles ne contenaient aucune information sur leur situation financière.