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1 - Élection des Conseillers des Français de l’Étranger : les enjeux politiques pour les partis

Updated: May 21, 2021


La liberté n'est pas l'absence d'engagement, mais la capacité de choisir (Paulo Coehlo - 2004)

S'engager c'est participer de façon volontaire et active à la vie collective, c'est à dire, "le bien commun".

S’engager c’est donner du sens à sa propre vie en respectant les valeurs qui justifient notre appartenance à la communauté que nous avons choisie.

S’engager c'est aussi s'investir pour l’avenir des futurs générations en leur préparant les meilleures conditions pour leur éducation, leur santé mais aussi leur niveau de vie.

Il faut également garantir leur sécurité, leur tranquillité et protéger leurs valeurs.

S’engager, cela veut dire que nous voulons changer une situation qui ne convient plus et défendre les intérêts de la communauté dont nous faisons parti.

Ce besoin d’agir pour ne plus subir

Dans un pays démocratique tel que la France, il existe heureusement diverses manières de s’engager.


L'engagement social par la participation à la vie d'une association est, sans doute, la façon la plus remarquable. C’est au travers de ce type d’engagement que les manifestations de solidarités humaines sont les plus présentes.

C'est pourquoi nous sommes en droit de nous demander :

en quoi l'engagement politique est­ il un engagement spécifique ?

Ou, pour aborder le problème sur un autre axe :

pourquoi l'engagement politique est aussi clivant et présente souvent un risque pour l'intégration dans une communauté ?

La France est une démocratie qui exige une participation pour pouvoir fonctionner. Une société démocratique ne peut survivre que si les citoyens considèrent le processus politique comme une responsabilité et pas seulement comme un droit.

Pour devenir acteur du changement, il nous faut participer à des débats et avoir un contact privilégié avec les élus afin de proposer nos propres idées.

Ne pas s'impliquer dans ces débats c'est laisser la place aux choix des autres.

Le problème serait donc, non pas de défendre ses propres idées, mais d'éviter de laisser se créer une société où vous n'auriez plus votre place.

Il est évidents de constater que durant toutes ces dernières années, des exemples de majorité silencieuse ayant perdu sa capacité d'expression, faute d'avoir su se mobiliser aux moments essentiels, se sont multipliées (l'Amérique de Trump, le Brésil de Bolsonaro, le Brexit de Boris Johnson, ....).



L’élection des Conseillers des Français de l’Étranger est-elle une élection politique ?


Dans l’esprit : NON. Elle s’apparenterait plus à l’élection d’un conseil municipal pour une petite commune de 2500 habitants.

Dans la réalité : OUI. Cette élection est totalement pilotée par les partis politiques qui cherchent à faire élire ou réélire leurs Sénateurs.


Un Conseiller des Français de l’Étranger est, au titre de "Grand Électeurs", une clé pour l'élection d'un Sénateurs des Français de l’Étranger. C’est principalement pour cela que vous voyez soudainement fleurir, dans une élection locale, un grand nombre de noms de Parlementaires à la recherche d’une notoriété.


Le Sénat est aussi méjugé que son rôle est méconnu. Volontiers perçu comme un cénacle de notables, sinon de privilégiés, au style compassé et au conservatisme forcené, le Sénat n’a pas bonne presse.

Il me semble que l’image dégradée du Sénat prend racine dans le manque de légitimité dont il serait affecté, eu égard à son mode d’élection indirect et à l’absence d’alternance qui en résulte.

Dans le cadre des Français de l'Étranger, le pouvoir électoral donné à des Conseillers consulaires souvent politiquement peu aguerris, peut agir comme un formidable vivier à voix pouvant perpétuer une assemblée politique en déphasage avec la majorité électorale du pays. Il est bon de se souvenir que le collège électorale formé par les Conseillers consulaires est sorti des urnes en 2014 alors que le parti présidentiel ne voyait le jour qu'en fin 2016.

Or le Sénat dispose d’attributions importantes, équivalentes à bien des égards à celles de l’Assemblée nationale, laquelle procède pourtant d’une élection au suffrage universel direct. Dans l’exercice de ses missions constitutionnelles, qu’il s’agisse du vote de la loi, du contrôle de l’action du gouvernement ou de l’évaluation des politiques publiques, le Sénat peut contrarier, freiner, perturber les réformes portées par l’exécutif et sa majorité sans qu’il puisse se prévaloir pour ce faire d’un mandat direct reçu par les citoyens.


La représentation politique au sein des listes en joute pour l'élection des Conseillers des Français de l'Étranger aux Philippines


Penser qu'au sein d'une liste, tout les candidats s'inscrivent dans des convictions politiques affirmées serait une grosse erreur. Souvent, seule la tête de liste, qui réellement peut espérer devenir un élus, trouve ses soutiens au cœur d'un parti politique. Les 5 autres candidats sont, avant tout, dans une démarche plus proche de l'idée associative.


Décriptons ensemble les liens politiques pour chacune des listes en lice

(classée par ordre alphabétique)

  • La tête de liste pour Alliance Solidaire des Français des Philippines est discrète sur ses accointances politiques. Pourtant il est curieux de constater que, si sur le terrain consulaire, les listes présentées par l'ASFE se disent apolitiques, les élus ASFE sont tout sauf apolitiques. Les représentants de l'ASFE au Sénat, madame Evelyne Renaud-Garabedian, et monsieur Damien Regnard, le suppléant de Jean-Pierre Bansard dont l'éléction a été annulée pour cause de fraude éctorale, sont, tout deux, rattaché au parti Les Républicains. Jean-Pierre Bansard a compris mieux que tous , que le besoin de prise en considération pour de nouveaux élus sans moyens et sans reconnaissance, était la clef d’une élection. Disposant de moyens financiers qui semblent sans limites, avec une solide équipe de collaborateurs et son associée madame Evelyne Renaud-Garabedian, l’ASFE, est, en réalité, une machine électorale de séduction de grands électeurs. Elle a ainsi, au fil des ans, valorisé ceux-ci en créant un support logistique et éditorial fort efficace, telles que des infolettres prêtes à l'emploi, des adresses mails pour tous les élus consulaires et la mise à la disposition de bureaux pour les conseillers en visite à Paris. La lecture de ces infolettres reprisent dans les posts Facebook et le blog de Alliance Solidaire des Français des Philippines ne cherche pas à dissimuler leur profond désaccord avec la politique du Gouvernement. La recherche du buzz par le biais de nombreuses questions au Gouvernement leur permet de se forger une notoriété en attendant les prochaines échéances électorales pour les Sénateurs des Français de l 'Étranger.

Ce portrait décrit comment une liste peut se retrouver sous l'emprise d'une entité politique et ne met, en aucun cas, en cause la probité des candidats inscrits sur cette liste.


  • Ecologie, Citoyenneté, Solidarité au service des Français des Philippines informe clairement qu'elle est soutenue par Europe, Ecologie, Le Verts (EELV). N'ayant encore que très peu communiqué, voir pas du tout, il serait déraisonnable de vouloir faire un portrait politique autre que celui limité par le lien présenté dans le nom de la liste.

Une chose est certaine : Alexandre Chateau-Ducos, responsable de "EELV – hors de France" et élu au Luxembourg, se verrait bien déjà à l’Assemblée des Français de l’Etranger et au Sénat où il espère pouvoir constituer des groupes autonomes.

  • Ensemble aux Philippines ! annonce clairement son attachement au groupe politique de la majorité présidentielle : La République en Marche !.

Là encore, cela ne signifie pas que les 6 candidats sont de "macronbéats" mais plus qu'ils considèrent qu'il sera plus efficace, pour réussir leur mission, de travailler main dans la main avec la Députée de la 11eme circonscription dont fait partie les Philippines, Anne Genetet ainsi qu'en étroite relation avec les Cabinets ministériels notamment le Secrétaire d'État auprès du ministre de l'Europe et des Affaires étrangères, chargé du Tourisme, des Français de l'étranger et de la Francophonie (ouf, je n'ai rien oublié !).

En réalité, contrairement à la structure hiérarchique présente dans les partis politiques traditionnels où la "bonne parole"va du haut vers le bas, l'organisation du Mouvement En Marche se rapproche plus du concept de démocratie participative qui se révèle être particulièrement bien adapté au besoin d’échanges et de dialogues entre des Français résidant loin de l'hexagone et la sphère centrale du pouvoir. L'organisation en "think tank" qu'ils soient régionaux ou thématiques permet de développer, en groupe, des idées et des projets initiés aux quatre coins du monde et de les faire remonter, sans capillarité hiérarchique, auprès des Parlementaires et du Gouvernement à l'occasion de réunions "en direct et sans filtre".

Alors, oui, Ensemble aux Philippines est une liste politisée mais dans un modèle différent où ce sont les élus qui apportent leur soutien à la base et non pas le contraire.

  • Union pour les Français aux Philippines se caractérise par une personne, tête de liste, fortement politisée et associée au Député de la précédent mandature, Thierry Mariani (RN). Son équipe de campagne est, comme souvent, beaucoup plus discrète sur ce plan.

Les enjeux pour le parti Les Républicains, et surtout pour son aile droite, sont essentiels car, ayant perdu de leur influence au sein de l'Assemblée, ils souhaitent conserver l'avantage d'une majorité confortable au sein du Sénat. Pour eux, la cible, en raison d'une Gauche peu structurée, est clairement la majorité présidentielle.

Cet affrontement est particulièrement néfaste aux Français de l'Étranger qui, ne disposant pas d'informations pluri-disciplinaires de qualité, risquent d'être mal informé sur les dispositifs et actions sociales à mettre à l'actif du Gouvernement et sur-informé sur les loupés qui viennent grossir son passif.


Mais, avons nous besoin de liens politiques pour agir efficacement au service de notre communauté?


Ne pas avoir la possibilité de travailler en bonne entente avec notre Députée, les Sénateurs et les Ministères qui régissent la vie des Français de l’Étranger ne peut laisser présager d’avancées notoires sur les dossiers qui nous concernent.

Une personne seule ou un petit groupe de personnes sans réseau ne dispose pas d'une tribune suffisante pour ce faire entendre. C'est bien là la faiblesse des prérogatives du Conseiller des Français de l'Étranger. Devant négocier avec une administration consulaire parfaitement rodée et dotée de pouvoirs importants, confronté à des règles administratives contraignantes et souvent mal appréhendées, le Conseiller peut se sentir bien isolé au cœur de son mandat. L’appartenance à un réseau politique démultiplie sa capacité d’action et de réaction. Ceci est d’autant plus vrai lorsque l'on est proche du Gouvernement au pouvoir.


Un mode de scrutin proportionnel


3 sièges sont à pourvoir et six candidats doivent être présentés sur la liste pour qu'elle soit validée. Chaque liste de candidats est obligatoirement paritaire et alterne entre les hommes et les femmes. Aux Philippines, il n'y a que 4 listes qui sont en lice dont les identités sont connues depuis le 23 mars 2021.

Dans la mesure où nous avons 3 sièges à pourvoir, le mode de calcul d'attribution des sièges qui sera appliqué consistera à mettre en œuvre la formule du scrutin de liste proportionnel à la plus forte moyenne. En d'autres termes, ceux qui récoltent le plus de voix auront le plus de sièges.

Si l'écart avec la liste qui, en nombre de voix, arrive dernière est très important, il est possible qu'une même liste remporte deux sièges, attribués aux numéros 1 et 2 de la liste.


Est-ce qu'il est possible qu'une seule liste remporte les 3 sièges ?

C'est théoriquement possible mais pratiquement impensable. Le résultat le plus probable sera qu'un siège soit remporté par chacune des 3 premières listes, ou alors deux sièges pour une liste et un siège pour la liste placée en second.

Il va de soi que si la liste remporte un siège, c'est le candidat tête de liste qui siégera, le numéro deux aura une chance en cas de grand écart de voix avec la liste arrivée dernière des 3 (voir ci-dessus).

Les électeurs, eux, voteront par liste entière. Ils pourront choisir

  • soit de voter par internet du 21 au 26 mai 2021

  • soit de se rendre à l'Ambassade le 30 mai pour un vote à l'urne.


Quelques jours avant l'ouverture du scrutin, chaque électeur inscrit sur les listes électorales va recevoir, de la part de l'Administrarion, un courriel lui indiquant l'identifiant qu'il devra utiliser ET, sur son cellphone, un SMS avec le mot de passe associé.